À l’été 2026, le marché immobilier gardois ne connaît ni envolée générale des prix, ni effondrement. Derrière cette apparente stabilité se cachent surtout des écarts considérables entre Nîmes, les Cévennes, l’Uzège, la vallée du Rhône et le littoral. Pour comprendre le marché, le prix moyen départemental ne suffit donc plus.
Après plusieurs années marquées par la hausse des prix, la remontée des taux d’intérêt puis le ralentissement des transactions, le marché immobilier français est entré dans une nouvelle phase.
Les dernières données publiées par les Notaires de France en juillet 2026 montrent un marché de l’ancien qui retrouve progressivement un point d’équilibre. À fin mai 2026, environ 949 000 transactions de logements anciens avaient été enregistrées en France sur douze mois, soit une progression de 5,7 % sur un an. Dans le même temps, les prix des logements anciens n’augmentaient plus que de 0,2 % sur un an au premier trimestre 2026 en France métropolitaine, avec une province globalement stable.
Dans le Gard, cette stabilisation nationale rencontre cependant une réalité locale beaucoup plus contrastée : selon que l’on achète à Alès, Nîmes, Uzès ou au Grau-du-Roi, le budget nécessaire peut varier du simple à plus du double.
Quel est le prix de l’immobilier dans le Gard en 2026 ?
Les bases immobilières des Notaires de France permettent d’obtenir une photographie particulièrement intéressante du marché de l’ancien.
À l’échelle du Gard, le prix médian des appartements anciens s’établit autour de 2 108 €/m², sur la base des transactions disponibles. Pour les maisons anciennes, le prix médian se situe autour de 2 294 €/m².
Ces valeurs doivent cependant être utilisées avec prudence.
Un prix médian départemental mélange en effet des marchés aussi différents que le centre de Nîmes, les communes cévenoles, l’Uzège, le secteur de Villeneuve-lès-Avignon ou les stations du littoral.
Il donne un ordre de grandeur, mais pas la valeur réelle d’un logement précis.
Prix médian : de quoi parle-t-on exactement ?
Le prix médian signifie que la moitié des transactions a été réalisée à un prix inférieur et l’autre moitié à un prix supérieur.
Contrairement à une moyenne, la médiane est moins sensible à quelques ventes réalisées à des prix exceptionnellement élevés ou faibles.
C’est donc un indicateur particulièrement utile pour observer un marché immobilier.

Du simple au double : le Gard reste un marché très contrasté
Quelques données issues des bases notariales suffisent à mesurer les différences.
| Secteur | Appartement ancien | Maison ancienne |
|---|---|---|
| Gard | env. 2 108 €/m² | env. 2 294 €/m² |
| Nîmes | env. 2 048 €/m² | env. 2 488 €/m² |
| Uzès | env. 3 212 €/m² | env. 3 248 €/m² |
| Le Grau-du-Roi | env. 4 821 €/m² | env. 4 530 €/m² |
| Bagnols-sur-Cèze | env. 1 450 €/m² | env. 1 931 €/m² |
| Beaucaire | env. 1 250 €/m²* | env. 1 800 à 2 100 €/m²* |
| Alès | donnée appartement non retenue | env. 1 860 €/m² |
Les données notariales consultées pour Beaucaire varient selon la période d’observation et le nombre de transactions disponibles. Elles doivent donc être considérées comme un ordre de grandeur et non comme une cote immobilière applicable à chaque bien.
Cette comparaison révèle immédiatement l’une des caractéristiques majeures du marché gardois en 2026 : la localisation pèse extrêmement lourd dans la valeur d’un logement.
Un prix départemental unique masque donc une partie essentielle de la réalité.
Nîmes : un marché proche de la médiane départementale, mais très hétérogène
Avec environ 2 048 €/m² pour les appartements anciens et 2 488 €/m² pour les maisons, Nîmes se situe dans un ordre de grandeur assez proche du marché départemental.
Mais là encore, parler d’un seul prix nîmois serait trompeur.
Les données notariales montrent par exemple un prix médian d’environ 2 409 €/m² pour les appartements anciens du grand quartier Centre Ville, contre environ 1 881 €/m² dans le secteur Kennedy.
Pour les maisons, les écarts peuvent être encore plus importants selon le quartier, la parcelle, l’état du logement, la présence d’un extérieur ou d’une piscine.
Les secteurs résidentiels des Garrigues illustrent cette différence : le prix médian observé pour les maisons y atteint environ 2 909 €/m².
À Nîmes, raisonner uniquement en prix au mètre carré est donc insuffisant. Deux maisons de surface comparable peuvent afficher des valeurs très différentes selon leur emplacement et leurs prestations.
Uzès confirme son positionnement parmi les marchés les plus valorisés du Gard
À Uzès, le marché change clairement de dimension.
Les Notaires de France font apparaître un prix médian d’environ 3 212 €/m² pour les appartements anciens et autour de 3 248 €/m² pour les maisons anciennes dans les données consultées.
Ces niveaux placent Uzès sensiblement au-dessus de la médiane départementale.
La ville bénéficie d’un marché particulier où se croisent résidences principales, résidences secondaires, clientèle extérieure au département et recherche de biens de caractère.
Mais, là encore, le prix au mètre carré doit être relativisé : une maison située dans la ville, un appartement ancien proche du centre historique et une propriété dans un village de l’Uzège ne constituent pas le même produit immobilier.
Le Grau-du-Roi : le littoral joue dans une autre catégorie
Le contraste devient encore plus spectaculaire sur le littoral.
Au Grau-du-Roi, les bases notariales font apparaître un prix médian d’environ 4 821 €/m² pour les appartements anciens et 4 530 €/m² pour les maisons.
Autrement dit, le prix médian d’un appartement ancien y représente plus du double de celui observé à l’échelle du département.
Cette différence s’explique notamment par la rareté foncière du littoral et par un marché où se côtoient résidences principales, résidences secondaires et biens destinés à un usage touristique.
Au sein même de la commune, la proximité de la mer, le secteur, la vue, la terrasse, le stationnement ou encore la situation à Port-Camargue peuvent fortement modifier la valeur d’un appartement.
Le Grau-du-Roi illustre parfaitement pourquoi une moyenne départementale doit être interprétée avec beaucoup de précaution.

Alès, Bagnols-sur-Cèze et Beaucaire : des budgets d’entrée plus accessibles
À l’autre extrémité du marché, plusieurs pôles urbains du Gard conservent des niveaux de prix sensiblement inférieurs à ceux de Nîmes, de l’Uzège ou du littoral.
À Alès, le prix médian des maisons anciennes ressort autour de 1 860 €/m² dans les données notariales consultées.
À Bagnols-sur-Cèze, il se situe autour de 1 450 €/m² pour les appartements anciens et 1 931 €/m² pour les maisons.
À Beaucaire, les données disponibles placent également le marché à des niveaux inférieurs à la médiane départementale, même si les volumes plus réduits invitent à davantage de prudence dans leur interprétation.
Pour un acquéreur, ces différences changent considérablement la nature d’un projet.
À budget identique, il est possible de rechercher davantage de surface, un extérieur ou une maison dans certains secteurs alors que le même budget permettra principalement d’accéder à un appartement ou à une surface plus réduite dans les zones les plus valorisées.
Le Gard n’a donc pas un marché immobilier, mais plusieurs
Une lecture géographique du département permet de distinguer plusieurs grandes logiques.
Le littoral
Le Grau-du-Roi et Port-Camargue figurent parmi les secteurs les plus chers du département. La rareté de l’offre proche de la mer et la présence d’une demande de résidences secondaires entretiennent un marché spécifique.
L’Uzège
Uzès et plusieurs communes environnantes bénéficient d’une attractivité patrimoniale et résidentielle qui maintient des niveaux de prix élevés par rapport à une grande partie du Gard.
Nîmes et son agglomération
Le marché est beaucoup plus profond et diversifié : appartements anciens, maisons de ville, villas périphériques, quartiers résidentiels et secteurs plus abordables coexistent sur un territoire relativement restreint.
Le bassin alésien et le nord du Gard
Les budgets d’acquisition peuvent être sensiblement inférieurs, notamment pour les maisons. Le rapport entre surface et prix y est souvent très différent de celui du sud du département.
La vallée du Rhône et l’est gardois
Bagnols-sur-Cèze présente encore des niveaux relativement accessibles tandis que le marché évolue fortement à mesure que l’on se rapproche du bassin avignonnais.
Villeneuve-lès-Avignon illustre cette influence : le prix médian des maisons anciennes y dépasse 3 400 €/m² dans les données notariales disponibles.
Le marché immobilier repart-il vraiment en 2026 ?
À l’échelle nationale, les données disponibles invitent davantage à parler de normalisation que de véritable reprise euphorique.
Les transactions dans l’ancien ont recommencé à progresser, mais leur croissance ralentit. Les Notaires de France relevaient ainsi +5,7 % de transactions sur un an à fin mai 2026, contre une progression annuelle qui atteignait encore +11,4 % à fin février.
Dans le même temps, les prix restent pratiquement stables.
Les projections nationales issues des avant-contrats faisaient même apparaître une quasi-stabilité à légèrement négative à fin juillet 2026, avec environ -0,6 % sur un an pour l’ensemble des logements anciens, dont -0,9 % pour les maisons et -0,3 % pour les appartements.
Le marché semble donc avoir retrouvé des acheteurs sans renouer avec la flambée des prix observée au début des années 2020.
Pour le Gard, cette situation peut favoriser un marché plus sélectif : le prix demandé ne suffit plus à faire le marché ; l’emplacement, l’état du logement, sa performance énergétique et la cohérence du prix deviennent déterminants.


Ce que cela change pour un acheteur dans le Gard
Pour les acquéreurs, la période actuelle offre davantage de possibilités de comparaison.
Le premier enseignement est de ne pas raisonner uniquement à l’échelle départementale.
Avec un même budget, les possibilités peuvent être radicalement différentes entre le littoral, Uzès, Nîmes, Alès ou Bagnols-sur-Cèze.
Le second est de comparer des biens réellement comparables : appartement et maison, centre-ville et périphérie, logement rénové et bien nécessitant des travaux ne peuvent pas être analysés avec un prix au mètre carré unique.
Enfin, un prix affiché dans une annonce n’est pas un prix de transaction. Les bases notariales sont particulièrement intéressantes précisément parce qu’elles s’appuient sur les ventes effectivement réalisées.
Et pour un vendeur ?
Le retour d’un volume de transactions plus important ne signifie pas que tous les biens peuvent être vendus à n’importe quel prix.
Dans un marché où les acquéreurs arbitrent davantage, une surestimation initiale peut rallonger le délai de commercialisation.
Le bon niveau de prix doit tenir compte du micro-marché : commune, quartier, rue, type de logement, état, extérieur, stationnement, performance énergétique, nuisances éventuelles et transactions comparables.
À Nîmes notamment, les différences observées entre quartiers montrent pourquoi une moyenne communale reste insuffisante pour estimer précisément une maison ou un appartement.
Peut-on vraiment estimer un logement avec un prix au mètre carré ?
Non.
Le prix au mètre carré est avant tout un indicateur de marché.
Il permet de comparer des territoires et d’identifier des ordres de grandeur, mais il ne constitue pas à lui seul une estimation immobilière.
Une maison de 120 m² sur une parcelle arborée, un appartement rénové avec terrasse et un logement de même surface nécessitant d’importants travaux peuvent se trouver dans la même commune et présenter des valeurs très différentes.
C’est encore plus vrai dans un département aussi contrasté que le Gard.
Ce qu’il faut retenir du marché immobilier gardois en 2026
Le marché immobilier du Gard ne s’effondre pas, mais il n’est plus non plus dans une phase de hausse généralisée.
En 2026, le mot qui semble le mieux caractériser la situation est sélectivité.
La médiane départementale des logements anciens tourne autour de 2 100 €/m² pour les appartements et 2 300 €/m² pour les maisons, mais ces chiffres cachent des écarts considérables.
Le Grau-du-Roi dépasse 4 500 €/m² sur les segments étudiés quand certaines villes de l’intérieur restent sous les 2 000 €/m² pour les maisons.
Entre les deux se trouvent Nîmes, l’Uzège, les communes périurbaines et les territoires sous influence avignonnaise.
Pour comprendre le marché immobilier gardois en 2026, la vraie question n’est donc plus seulement « combien coûte un mètre carré dans le Gard ? », mais plutôt :
où, pour quel type de bien, dans quel état et pour quel projet ?
C’est à cette échelle que commence réellement l’analyse immobilière.
SOURCES
Notaires de France — Tendances et évolutions des prix de l’immobilier au 1er trimestre 2026
Données nationales sur l’évolution des transactions et des prix de l’immobilier ancien, publication du 23 juillet 2026.
Consulter la publication des Notaires de France
Immobilier.notaires.fr — Prix immobilier dans le Gard
Bases de données des Notaires de France : prix médians des appartements, maisons et terrains dans le département.
Consulter les prix immobiliers dans le Gard
Immobilier.notaires.fr — Prix immobilier à Nîmes
Prix médians constatés pour les appartements et maisons et données par quartiers.
Consulter les prix immobiliers à Nîmes
Immobilier.notaires.fr — Prix immobilier à Uzès
Prix médians des appartements et maisons anciennes.
Consulter les prix immobiliers à Uzès
Immobilier.notaires.fr — Prix immobilier au Grau-du-Roi
Prix médians des appartements et maisons anciennes.
Consulter les prix immobiliers au Grau-du-Roi
Immobilier.notaires.fr — Prix immobilier à Alès
Données disponibles concernant notamment les maisons anciennes.
Consulter les prix immobiliers à Alès
Immobilier.notaires.fr — Prix immobilier à Bagnols-sur-Cèze
Prix médians des appartements et maisons anciennes.
Consulter les prix immobiliers à Bagnols-sur-Cèze
Immobilier.notaires.fr — Prix immobilier à Beaucaire
Prix médians et volumes de transactions disponibles.
Consulter les prix immobiliers à Beaucaire
Immobilier.notaires.fr — Prix immobilier à Villeneuve-lès-Avignon
Données relatives notamment au marché des maisons.
Consulter les prix immobiliers à Villeneuve-lès-Avignon
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