Nîmes ne se laisse pas résumer à un prix au mètre carré.
Entre un appartement derrière les Arènes, une maison dans les collines des Garrigues, un trois-pièces du secteur Kennedy ou une maison vers Les 3 Ponts, on parle de la même ville mais pas tout à fait du même marché. À quelques kilomètres de distance, le type d’habitat, la rareté du foncier, l’environnement immédiat et la demande peuvent profondément modifier le prix d’un bien.
C’est précisément ce qui rend la question « combien coûte l’immobilier à Nîmes ? » moins simple qu’elle n’en a l’air.
Les données publiées par les Notaires de France donnent néanmoins un premier repère solide. Dans leur état actuellement consultable, le prix médian des appartements anciens à Nîmes s’établit autour de 2 079 €/m², contre 2 494 €/m² pour les maisons. Ces valeurs reposent respectivement sur 1 334 ventes d’appartements et 501 ventes de maisons dans le périmètre présenté.
Ces deux chiffres racontent le marché nîmois dans son ensemble. Ils ne disent pas encore où acheter.
Et à Nîmes, c’est justement là que les choses deviennent intéressantes.
Un appartement autour de 2 080 €/m², une maison autour de 2 500 €/m² : le point de départ
Avant de descendre à l’échelle des quartiers, il faut comprendre ce que représente un prix médian.
La médiane partage les transactions en deux groupes : la moitié des ventes est réalisée en dessous, l’autre moitié au-dessus. Elle est généralement plus pertinente qu’une moyenne lorsqu’on analyse un marché immobilier, car quelques ventes particulièrement élevées ou faibles la déforment moins.
Pour Nîmes, les données notariales placent actuellement le point médian à 2 079 €/m² pour les appartements anciens et 2 494 €/m² pour les maisons. À l’échelle du Gard, les médianes publiées sont respectivement de 2 226 €/m² pour les appartements anciens et 2 300 €/m² pour les maisons.
Premier enseignement : Nîmes n’est pas simplement « plus chère » ou « moins chère » que le Gard. Le résultat dépend du type de logement.
Mais la moyenne communale devient encore moins pertinente dès que l’on commence à parcourir la ville.
Prix immobilier à Nîmes par quartier : des écarts considérables
Les Notaires distinguent plusieurs grands quartiers nîmois : Centre Ville, Administrations, Cadereau, Faubourg, Route de Beaucaire, Route d’Arles, Costières, Kennedy, Pissevin, Valdegour, Carèmeau, Garrigues, Mont Duplan, Les 3 Ponts, Chemin Bas d’Avignon, Santa Cruz ou encore Grézan.
Il faut toutefois manier ce découpage avec prudence. Un « grand quartier » statistique peut regrouper des rues, résidences et typologies de logements très différentes. Il ne remplace donc jamais l’analyse d’un bien précis.
Quelques secteurs illustrent particulièrement bien l’amplitude du marché.
| Grand quartier | Appartement ancien, prix médian | Maison, prix médian |
|---|---|---|
| Garrigues | 2 864 €/m² | 2 909 €/m² |
| Les 3 Ponts | 2 085 €/m² | 2 778 €/m² |
| Kennedy | 1 881 €/m² | 2 593 €/m² |
| Grézan | 1 226 €/m² | 2 264 €/m² |
| Nîmes – ensemble | 2 079 €/m² | 2 494 €/m² |
Sources : bases immobilières des Notaires de France. Les volumes de transactions étant différents selon les quartiers et les types de biens, ces médianes constituent des repères de marché et non des barèmes applicables à chaque logement.
La différence est spectaculaire : entre les médianes d’appartements observées à Grézan et dans les Garrigues, le rapport dépasse deux pour un.
Autrement dit, demander « quel est le prix du mètre carré à Nîmes ? » revient presque à demander le prix d’une voiture sans préciser s’il s’agit d’une citadine ou d’une berline haut de gamme.
Garrigues : le haut du marché nîmois
Avec une médiane d’environ 2 864 €/m² pour les appartements anciens et 2 909 €/m² pour les maisons, le grand quartier Garrigues se situe nettement au-dessus de la médiane nîmoise. Les Notaires fondent ces indicateurs sur 38 ventes d’appartements et 47 ventes de maisons dans les données actuellement affichées.
Le niveau des maisons est particulièrement révélateur.
Dans les secteurs résidentiels situés sur les hauteurs et les collines de Nîmes, l’acheteur ne paie pas seulement une surface habitable. La parcelle, l’environnement, la vue, la tranquillité, la piscine éventuelle, l’accès automobile ou encore la qualité architecturale peuvent prendre une importance considérable.
Deux maisons de 150 m² situées dans un même grand secteur peuvent ainsi avoir des valeurs très différentes.
C’est l’une des particularités du marché nîmois : plus on s’éloigne de l’appartement standardisé, moins le prix moyen au mètre carré suffit à raconter la valeur réelle du bien.
Pour une maison avec terrain, notamment sur les collines, le prix au mètre carré doit donc être considéré comme un indicateur parmi d’autres.

Les 3 Ponts : le grand écart entre appartement et maison
Le secteur des 3 Ponts présente un profil différent.
Les données notariales indiquent une médiane d’environ 2 085 €/m² pour les appartements anciens, très proche de celle de l’ensemble de Nîmes, mais de 2 778 €/m² pour les maisons. Les indicateurs reposent sur 33 ventes d’appartements et 45 ventes de maisons.
Cette différence est instructive.
Elle rappelle qu’un quartier ne possède pas nécessairement « son » prix immobilier. Il peut abriter plusieurs marchés simultanément : appartement collectif d’un côté, maison individuelle avec extérieur de l’autre.
Pour un acheteur familial à la recherche d’une maison, comparer uniquement le prix moyen du quartier avec celui d’un appartement du centre-ville aurait donc peu de sens.
Il faut comparer des biens comparables.
Kennedy : un ticket d’entrée plus contenu pour l’appartement
Dans le grand quartier Kennedy, la médiane ressort autour de 1 881 €/m² pour les appartements et 2 593 €/m² pour les maisons, à partir respectivement de 68 et 32 ventes dans la base notariale actuellement présentée.
Le secteur se situe ainsi sous la médiane communale pour l’appartement, alors que la maison reste proche, voire légèrement au-dessus, du niveau médian nîmois.
Pour un acquéreur, cette différence mérite davantage d’attention qu’un simple classement des quartiers du moins cher au plus cher.
À budget identique, descendre de quelques centaines d’euros au mètre carré peut permettre de gagner une pièce, une terrasse, un stationnement ou plusieurs dizaines de mètres carrés.
Prenons uniquement un ordre de grandeur mathématique : à 1 881 €/m², 200 000 euros correspondent théoriquement à un peu plus de 106 m² ; à 2 864 €/m², la même enveloppe représente environ 70 m². Dans la réalité, bien entendu, le prix final dépendra du logement, de son état et de son emplacement exact, et le budget d’acquisition doit également intégrer les frais liés à l’achat.
C’est souvent là que se joue un projet immobilier : non pas dans la recherche du quartier « le moins cher », mais dans celle du meilleur compromis entre surface, emplacement et qualité du bien.
Grézan : des prix d’appartements nettement plus accessibles
Grézan fournit l’un des exemples les plus frappants de l’hétérogénéité nîmoise.
La médiane publiée par les Notaires se situe autour de 1 226 €/m² pour les appartements anciens, contre 2 264 €/m² pour les maisons. Les volumes correspondants sont de 20 ventes d’appartements et 46 ventes de maisons.
L’écart avec les Garrigues dépasse ainsi 1 600 €/m² sur la médiane des appartements.
Mais un prix bas ne constitue jamais, à lui seul, une opportunité.
Il peut refléter la typologie du parc, l’état des copropriétés, la qualité des logements vendus, leur époque de construction ou la demande propre au secteur. Pour un investissement comme pour une résidence principale, le bon raisonnement consiste donc à rechercher la raison du prix avant de conclure que le bien est bon marché.
Un mètre carré peu cher qui répond mal au besoin de l’acheteur reste un mauvais achat.
Et le centre-ville de Nîmes ?
Le centre mérite presque un article à lui seul.
Acheter autour de l’Écusson, des Arènes, de la Maison Carrée ou dans les rues immédiatement voisines signifie entrer dans un marché où le prix au mètre carré peut être particulièrement sensible aux caractéristiques du logement.
Étage, ascenseur, lumière, extérieur, stationnement, état de la copropriété, qualité de la rénovation ou caractère de l’immeuble peuvent faire varier fortement l’intérêt d’un appartement.
Un logement ancien sombre, à rénover et situé en étage élevé sans ascenseur ne se compare évidemment pas à un appartement restauré, lumineux, disposant d’une terrasse ou d’un emplacement privilégié.
C’est pourquoi nous préférons ne pas transformer une médiane statistique en « prix de l’Écusson » applicable indistinctement à toutes les rues.
Dans le centre historique plus qu’ailleurs, l’adresse et le bien reprennent rapidement le dessus sur la statistique.
Quel budget prévoir pour acheter à Nîmes ?
Les médianes notariales permettent néanmoins de construire quelques ordres de grandeur simples.
Au prix médian nîmois de 2 079 €/m² pour un appartement ancien, un logement de 60 m² représente environ 125 000 euros hors frais et différences propres au bien.
Pour 80 m², on approche 166 000 euros.
Pour une maison de 100 m² valorisée au prix médian communal de 2 494 €/m², l’ordre de grandeur théorique atteint environ 249 000 euros.
Ces calculs ne sont pas des estimations immobilières : ils permettent seulement de matérialiser ce que représente une médiane.
Dans la pratique, une maison avec un grand terrain sur les collines, un appartement exceptionnel dans le centre ou, à l’inverse, un logement nécessitant une rénovation importante pourront s’écarter fortement de ces montants.
Où acheter à Nîmes selon son projet ?
La réponse dépend moins d’un palmarès que de la manière dont on souhaite vivre — ou investir.
Pour rechercher une maison et un environnement résidentiel, les secteurs des collines et des Garrigues méritent naturellement d’être étudiés, mais le budget au mètre carré y est généralement plus élevé.
Pour privilégier l’appartement et la vie urbaine, le centre et ses secteurs proches proposent une logique différente : proximité des services et patrimoine ancien prennent davantage de poids, avec une forte disparité entre les biens.
Pour maximiser la surface à budget donné, des secteurs dont les médianes sont inférieures à celle de Nîmes peuvent ouvrir davantage de possibilités. Kennedy ou Grézan l’illustrent dans les données notariales disponibles, sans que le prix puisse suffire à départager deux projets.
Pour investir, la logique change encore. Le prix d’acquisition doit être confronté au loyer réellement envisageable, à la vacance locative potentielle, aux charges de copropriété, aux travaux et à la demande correspondant au type de logement.
Le quartier le moins cher n’est donc pas nécessairement celui offrant le meilleur investissement.
Pourquoi les prix au mètre carré doivent-ils être utilisés avec prudence ?
Les bases publiques permettent aujourd’hui de connaître beaucoup plus précisément les transactions immobilières.
Les données DVF — Demandes de valeurs foncières — proviennent de la DGFiP et recensent les mutations immobilières. Data.gouv.fr diffuse également des statistiques calculées à différentes échelles à partir de ces transactions, notamment le nombre de mutations et les prix moyens ou médians au mètre carré.
C’est une matière extrêmement précieuse pour comprendre un marché.
Mais elle a ses limites.
Un appartement de 65 m² entièrement rénové avec terrasse ne vaut pas nécessairement le même prix qu’un appartement de même surface à rénover dans la rue voisine. Pour une maison, l’écart peut être encore plus important en fonction du terrain, de la piscine, de la vue, du stationnement, des travaux ou de la qualité de construction.
Les statistiques donnent donc le paysage.
L’estimation d’un bien demande ensuite de regarder la parcelle.
À Nîmes, le financement compte presque autant que le quartier
Le marché immobilier ne dépend pas uniquement des prix de vente. Il dépend aussi de la capacité des ménages à financer leur achat.
En juillet 2026, la Banque de France mesurait à 3,30 % le taux moyen des nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations, contre 3,27 % en juin.
Quelques dixièmes de point peuvent sembler anecdotiques lorsqu’on observe uniquement le prix affiché d’un appartement. Sur un crédit de longue durée, ils modifient pourtant la mensualité, le coût total du financement et, finalement, le budget accessible à l’acquéreur.
C’est pourquoi raisonner uniquement en prix au mètre carré est insuffisant.
La vraie question est plutôt :
quel logement puis-je acheter, dans quel quartier, avec mon budget global et une mensualité compatible avec mes revenus ?
Cette approche rapproche enfin le prix immobilier de la décision qu’il est censé éclairer.
Nîmes n’a pas un marché immobilier, mais une mosaïque de marchés
C’est probablement la principale conclusion à retenir.
La médiane nîmoise — autour de 2 079 €/m² pour l’appartement ancien et 2 494 €/m² pour la maison dans les données notariales consultées — constitue un excellent point de repère. Mais elle devient rapidement insuffisante lorsque l’on cherche réellement un logement.
Les Garrigues peuvent dépasser nettement cette référence. Kennedy présente un niveau plus contenu pour les appartements. Grézan descend beaucoup plus bas. Les 3 Ponts montrent qu’au sein d’un même secteur, appartement et maison peuvent appartenir à deux marchés sensiblement différents.
Et derrière ces chiffres demeurent les rues, les immeubles, les jardins, les étages, les vues et parfois simplement une porte que l’on ouvre et derrière laquelle le marché moyen cesse d’exister.
Pour acheter à Nîmes, le bon réflexe n’est donc pas de rechercher le quartier affichant le meilleur prix au mètre carré.
Il est de déterminer ce que chaque euro permet réellement d’acheter dans chaque partie de la ville.
C’est là que commence une véritable analyse immobilière.
SOURCES
Notaires de France — Prix immobilier à Nîmes
Données de référence sur les prix médians et volumes de ventes des appartements et maisons.
Prix immobilier à Nîmes – Immobilier.notaires.fr
Notaires de France — Garrigues, Nîmes
Prix médians des appartements et maisons dans le grand quartier Garrigues.
Prix immobilier Garrigues – Nîmes
Notaires de France — Kennedy, Nîmes
Prix médians et volumes de transactions du grand quartier Kennedy.
Prix immobilier Kennedy – Nîmes
Notaires de France — Les 3 Ponts, Nîmes
Données appartements/maisons permettant d’illustrer l’écart entre typologies.
Prix immobilier Les 3 Ponts – Nîmes
Notaires de France — Grézan, Nîmes
Prix médians utilisés pour le secteur de Grézan.
Prix immobilier Grézan – Nîmes
Data.gouv.fr — Statistiques DVF
Méthodologie et statistiques issues des Demandes de valeurs foncières de la DGFiP.
Statistiques DVF – data.gouv.fr
INSEE — Base infracommunale Logement 2022
Référence pour comprendre la maille IRIS et l’analyse statistique infracommunale. L’INSEE précise qu’un IRIS constitue la maille de base de diffusion des statistiques infracommunales et représente généralement un quartier d’environ 2 000 habitants.
Données logement à l’IRIS – INSEE
Banque de France — Crédits aux particuliers, juillet 2026
Contexte de financement : taux moyen des nouveaux crédits habitat hors renégociations de 3,30 % en juillet 2026.
Crédits aux particuliers – Banque de France
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