Après plusieurs années compliquées pour la construction neuve, le Gard a connu en 2025 un redressement assez net des autorisations et des mises en chantier.
Selon les données Sitadel publiées par la DREAL Occitanie, 4 162 logements ont été autorisés dans le Gard en 2025, contre 3 209 en 2024, soit une progression de 29,7 %. Plus significatif encore : 2 841 logements ont été mis en chantier, contre 2 125 l’année précédente, soit une hausse de 33,7 %.
Ces chiffres placent 2026 dans un contexte assez différent de celui observé quelques années auparavant : le marché du neuf reste fragile, mais la production de logements a montré des signes de redémarrage.
Il faut toutefois être précis sur les dates. Les statistiques disponibles en cours d’année 2026 sont encore provisoires et ne permettent évidemment pas d’établir un bilan définitif de l’année. Pour comprendre où l’on construit en 2026, il faut donc croiser les données les plus récentes avec les autorisations et mises en chantier enregistrées précédemment.
Logements autorisés et logements commencés : deux indicateurs différents
Un permis de construire accordé ne signifie pas qu’un immeuble ou une maison est déjà en construction.
La base nationale Sitadel distingue notamment deux indicateurs.
Les logements autorisés correspondent aux logements dont la création a reçu une autorisation d’urbanisme.
Les logements commencés correspondent aux opérations pour lesquelles une ouverture de chantier a été déclarée.
Cette distinction est importante. Un programme de 80 appartements autorisé dans une commune peut faire bondir les statistiques locales une année donnée sans que les 80 logements sortent immédiatement de terre.
Pour observer la construction immobilière locale, il est donc préférable de regarder une tendance sur plusieurs années plutôt qu’un classement établi sur quelques mois.
Nîmes reste le principal pôle de construction du département
Sans surprise, le bassin nîmois concentre une part importante de la production de logements du Gard.
La taille de la ville explique en partie cette situation : Nîmes compte de nombreux programmes collectifs alors que, dans les communes plus petites, la construction repose davantage sur des maisons individuelles ou de petites opérations.
Mais la dynamique dépasse largement les limites de la ville-centre.
Le Programme local de l’habitat de Nîmes Métropole organise depuis plusieurs années une répartition de la production sur l’ensemble de l’agglomération. Le renouvellement urbain participe également à cette évolution.
Dans le cadre du Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU), 1 117 logements sociaux doivent notamment être reconstitués sur Nîmes et d’autres communes de l’agglomération, la moitié devant l’être hors de Nîmes. Des programmes ont déjà été livrés notamment à Clarensac, Milhaud, Poulx et Redessan.
La construction autour de Nîmes ne doit donc plus être analysée uniquement à l’échelle de la ville : elle fonctionne de plus en plus comme une dynamique d’agglomération.
Les communes autour de Nîmes jouent un rôle croissant
C’est l’un des phénomènes intéressants à suivre dans le Gard : une partie du développement résidentiel se diffuse dans les communes situées autour de la ville-centre.
Les secteurs des Costières, de l’est nîmois et des communes de garrigue ont accueilli une part significative de la production neuve de Nîmes Métropole au cours des dernières années.
Des communes comme Garons, Marguerittes, Milhaud, Redessan, Poulx ou Clarensac peuvent ainsi connaître ponctuellement des volumes importants au regard de leur population.
Mais il faut se méfier des classements annuels.
Dans une commune de quelques milliers d’habitants, la réalisation d’un seul programme collectif de 50 ou 100 logements suffit à modifier considérablement les statistiques d’une année. À Nîmes, le même programme sera beaucoup moins visible dans les chiffres globaux.
L’Observatoire doit donc distinguer volume de construction et intensité de construction par rapport à la taille de la commune.

Ailleurs dans le Gard, des dynamiques plus dispersées
Le Gard ne se résume évidemment pas au bassin nîmois.
Le bassin d’Alès constitue le deuxième grand pôle urbain du département, tandis que d’autres secteurs connaissent leurs propres dynamiques résidentielles : autour de Bagnols-sur-Cèze, de Beaucaire, dans le sud du département ou encore dans certaines communes proches du littoral.
Mais les formes de construction y sont différentes.
Dans les principales villes, la production peut reposer sur des opérations collectives de plusieurs dizaines de logements. Dans les communes périurbaines ou rurales, elle est davantage constituée de maisons individuelles, de petits lotissements et de programmes de taille réduite.
Deux territoires affichant le même nombre de nouveaux logements peuvent donc présenter des modèles urbains totalement différents.
La maison individuelle ne disparaît pas du paysage gardois
Le Gard reste marqué par une forte culture de la maison individuelle.
C’est particulièrement visible dans les communes périphériques des grandes villes et dans les territoires où le foncier reste plus accessible.
Mais ce modèle est progressivement confronté à de nouvelles contraintes.
La sobriété foncière, la limitation de l’étalement urbain et la recherche d’une utilisation plus efficace des terrains disponibles poussent les collectivités à privilégier davantage la densification, le renouvellement urbain et des formes d’habitat plus compactes.
Cela ne signifie pas la disparition de la maison individuelle. En revanche, le modèle du lotissement extensif consommant de grandes surfaces de terres devient plus difficile à reproduire.
Dans les prochaines années, la question ne sera donc probablement plus seulement combien de logements sont construits, mais également comment et où ils sont construits.

Construire davantage ne signifie pas automatiquement que le marché du neuf va bien
C’est un autre point important pour comprendre les statistiques.
La progression des autorisations et des mises en chantier observée dans le Gard ne signifie pas que toutes les difficultés du logement neuf ont disparu.
À l’échelle de l’Occitanie, la commercialisation des logements collectifs neufs reste sous pression. Au premier trimestre 2026, les réservations ont certes progressé de 4,7 % par rapport au même trimestre de 2025, mais elles restaient en baisse de 24,1 % sur douze mois glissants.
Les mises en vente continuaient également de reculer.
Autrement dit, construction, autorisations et ventes de logements neufs ne racontent pas exactement la même histoire.
Un territoire peut enregistrer davantage de logements autorisés alors que les promoteurs restent prudents sur le lancement de nouveaux programmes.
Pourquoi suivre la construction commune par commune ?
Pour un particulier, ces données peuvent sembler très techniques. Elles donnent pourtant des indications intéressantes sur l’évolution d’un territoire.
Une commune où de nombreux logements sont construits peut être confrontée à de nouveaux besoins : écoles, voirie, transports, commerces ou équipements publics.
Une production régulière peut également traduire l’attractivité résidentielle d’un secteur, mais elle peut aussi modifier progressivement son paysage urbain.
Pour un acheteur ou un investisseur, connaître les projets immobiliers d’une commune permet donc de compléter l’analyse des prix.
Le prix au mètre carré indique combien coûte le marché aujourd’hui.
La construction neuve donne une indication sur la manière dont le territoire est en train d’évoluer.
Ce sont deux lectures différentes mais complémentaires.
Ce que l’Observatoire Immobilier-Gard.fr suivra désormais
Les données Sitadel sont publiées régulièrement et permettent une analyse beaucoup plus fine que le simple nombre de permis de construire annoncé ponctuellement par une commune.
Pour chaque territoire, plusieurs indicateurs peuvent être suivis :
- nombre de logements autorisés ;
- nombre de logements réellement commencés ;
- part de maisons individuelles ;
- part de logements collectifs ;
- évolution sur plusieurs années ;
- poids de la construction rapporté à la population de la commune.
Cette dernière donnée sera particulièrement intéressante.
Nîmes restera naturellement en tête de nombreux classements en volume en raison de sa population. Mais rapporter la construction au nombre d’habitants permettra d’identifier les communes du Gard qui connaissent la transformation résidentielle la plus rapide.
Une nouvelle carte immobilière du Gard à observer
Les dernières données disponibles montrent donc un mouvement intéressant : après le ralentissement observé sur le marché du neuf, la construction a nettement rebondi dans le Gard en 2025, avec plus de 4 100 logements autorisés et près de 2 850 mises en chantier.
Le bassin de Nîmes reste le principal moteur départemental, mais la production se répartit également dans plusieurs communes de son agglomération et dans les autres bassins de vie du Gard.
L’enjeu des prochaines années sera autant quantitatif que géographique.
Quels territoires continueront à accueillir de nouveaux habitants ? Quelles communes densifieront leur centre plutôt que de s’étendre ? Où construira-t-on encore des maisons individuelles ? Et quels secteurs privilégieront le logement collectif ?
Autant d’indicateurs que l’Observatoire d’Immobilier-Gard.fr pourra désormais suivre dans le temps.
SOURCES
SDES — Base Sitadel, logements autorisés et commencés
Source nationale utilisée pour les statistiques de construction : autorisations, mises en chantier et typologie des logements. Données mises à jour mensuellement.
data.gouv.fr — Logements autorisés et commencés, séries mensuelles communales
Ouverture : nouvel onglet.
DREAL Occitanie — Construction neuve 2025
Bilan régional permettant de comparer 2025 à 2024. Pour le Gard : 4 162 logements autorisés en 2025 contre 3 209 en 2024 et 2 841 logements commencés contre 2 125.
DREAL Occitanie — Construction neuve 2025
Ouverture : nouvel onglet.
DREAL Occitanie — Marché immobilier du neuf 2026
Utilisé pour replacer la construction gardoise dans le contexte régional de commercialisation du logement neuf.
DREAL Occitanie — Marché immobilier du neuf 2026
Ouverture : nouvel onglet.
Nîmes Métropole — Nouveau programme de renouvellement urbain
Utilisé pour la reconstitution de 1 117 logements et la répartition d’une partie de cette offre sur les communes de l’agglomération.
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